Fiche de revision sur Conf MPR
📘 Neurologie périphérique: polyneuropathies et raisonnement clinique
- Définition clé : exposer les patterns de la pathologie périphérique en partant des symptômes distaux et en distinguant les tableaux cliniques pour orienter le raisonnement.
1) Patterns principaux en neurologie périphérique
- Polyneuropathie (length-dependent) — déficit distal et symétrique, progression pieds → jambes → genoux → mains.
- Polyradiculonévrite — déficit proximal et distal; atteinte des racines après infection virale.
- Mononévropathie (mononévrite) — atteinte d’un seul tronc nerveux.
- Multinévrite — atteinte de plusieurs troncs nerveux; clinique asymétrique.
- Neuronopathie — atteinte du neurone moteur ou sensitif; distinction clé avec la polyneuropathie par la localisation et les signes radiculaires.
- Mémoire rapide : si atteinte asymétrique et/ou présentation rapide, pencher vers une multinévrite plutôt qu’une polyneuropathie.
Méthode de raisonnement (base clinique pratiquée dans l’EDN) : partir du tableau, vérifier l’innervation et la symétrie, puis évaluer le type d’atteinte (axonal vs myélinique) et l’évolution temporelle.
2) Signes et examens à l’examen clinique (polyneuropathie)
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Déficit sensitif incomplet des 4 extrémités.
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Déficit moteur avec faiblesse des releveurs de la cheville possibles.
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Fasciculations : typiquement non observées en polyneuropathie, plutôt dans les neuronopathies motrices.
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Amyotrophie possible — surtout dans les atteintes axonales.
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Pied creux fréquent dans formes génétiques (ex.: Charcot–Marie–Tooth).
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Abolition des réflexes ostéo-tendineux.
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Pas de troubles écosphinctériens dans les polyneuropathies (différent des polyradiculonévrites aiguës et atteintes médullaires).
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Présence ou absence d’atteinte du tronc nerveux et du système nerveux central; distinction centrale vs périphérique initiale.
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Dans les débats cliniques, distinguer polyneuropathie (atteinte périphérique bilatérale) de multinévrite (asymétrie).
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Dans certains tableaux (PRN et Guillain–Barré), les troubles écosphinctériens peuvent apparaître; dans les polyneuropathies typiques d’emblée, non.
3) Catégories neuropathies selon l’atteinte et la biologie
- Myélinique vs axonale (polyneuropathies): vitesse de conduction vs amplitude des potentiels; dans les axonales, amplitudes diminuent alors que les vitesses peuvent être préservées.
- Polyneuropathies diabétiques, alcooliques, iatrogènes (item de rang B) : diabète, alcool, et causes iatrogènes (ex.: cytostatiques) comme triades classiques.
- Autres catégories majeures : polyneuropathies liées à des gammapathies, à l’amylose, ou inflammatoires; neuroneopathies et mononeuropathies accessoirement.
- Pour les formes inflammatoires, la biopsie musculaire peut être indiquée; en génétique, pas d’infiltrat inflammatoire.
Tableaux comparatifs (résumé pratique)
| Tableau | Déficit typique | Localisation/Caractéristiques | Examens-clés | Exemples importants |
|---|---|---|---|---|
| Polyneuropathie | Distale, symétrique | Début pieds puis proximal | EMG: retard conduction; réflexes abolies | Pieds creux possible; évolution lente |
| Polyradiculonévrite | Proximal et distal | Racines nerveuses affectées après infection virale | Clarifier par EMG; LP peut être indiquée | Guillain–Barré est un exemple type |
| Mononévropathie | Un seul tronc nerveux | Localisée; douleur possible | EMG utile | Compression nerveux, nerf lombaire spécifique |
| Multinévrite | Plusieurs troncs | Asymétrique | Nécéssite évaluation systémique | Infections, gammapathies; inflammations |
| Neuronopathie | Atteinte du neurone moteur/sensitif | Corps cellulaires sensitifs ou moelle antérieure | EMG + tests spécifiques | SLA ou intoxications au plomb |
4) Formes génétiques et étiologies clés
- Charcot–Marie–Tooth (CMT) — groupe majeur de neuropathies héréditaires.
- Forme typique étudiée dans le polycopié : CMT de type 1A — autosomique dominante; caractérisée par une duplication du gène PMP22 sur le chromosome 17 (item de rang B).
- Autres formes associées : variété affectée par le gène de la connexine 32 (X-linéaire), et formes génétiques d’autres localisations; le texte précise que ces détails dépendent des chapitres et dépliants.
- Distinguer : forme liée à l’X est décrite dans le polycopié comme non compatible avec l’affection masculine stricte (cas évoqué dans le document; notion à rappeler telle quelle).
- Tests diagnostiques pour CMT 1A : contraction PMP22 en duplication; pas de biopsie musculaire pour les formes génétiques; l’EMG est systématique dans les pathologies du système nerveux périphérique.
- Pour les polynévrites et les vascularites inflammatoires, la biopsie musculaire peut être utile pour rechercher des infiltrats inflammatoires.
5) Investigations et interprétation des tests
- EMG/électromyographie : examen de choix dans les atteintes périphériques.
- Ponction lombaire : indiquée dans les polyradiculonévrites et les neuronopathies, liée à proximité du LCR.
- Biopsie musculaire : utile pour les formes inflammatoires (multinévrites inflammatoires, vascularites).
- Biopsie nerveuse : pas nécessaire dans les formes génétiques; utile dans certains contextes inflammatoires.
6) Éléments d’évaluation fonctionnelle et rééducation (case pratique)
- Échelles et tests utiles pour évaluer les limitations d’activité (rang B):
- Tests de marche (6 minutes), équilibre (échelle Berg), autonomie fonctionnelle (Rankin), étude de l’indépendance fonctionnelle, et autres indices fonctionnels comme l’index de Lequesne et le Dallas (reliés à différents domaines de l’activité et de la participation).
- Distinction utile : la “déficience” est la perte ou altération d’une fonction; la “limitation d’activité” est la conséquence fonctionnelle; la “participation” est l’impact sur l’insertion sociale et l’emploi.
- Cas pratique d’appareillage : steppage bilatéral avec pied creux → orthèses releveurs et chaussures orthopédiques; éviter prothèses pour ce cas précis; vérifier la compliance du patient et adapter l’orthèse carbone à restitution d’énergie.
- Kinésithérapie : objectifs généraux (renforcement, équilibre, étirements, mobilisation articulaire, adaptation à l’effort).
- Prescriptions et éléments obligatoires : sur ordonnance, mentionner RPSS; le diagnostic médical n’est pas nécessairement mentionné; fréquence et nombre de séances restent variables selon le patient et le thérapeute.
7) Aspects socio-sanitaires et prise en charge complète (MDPH et CIF)
- Distinction santé vs handicap : la santé (soins; remboursement) est financée par l’Assurance Maladie; le handicap (environnement et aide à domicile) est financé par la MDPH et CNSA.
- Prestation de compensation du handicap (PCH) : outil d’aide financière pour l’environnement et l’accompagnement; non financée par l’assurance maladie mais par CNSA; destiné à compenser les frais d’aide à domicile et d’aménagement du cadre de vie.
- Prestations d’aide à domicile et aides spécifiques : auxiliaire de vie, aides techniques, aménagement du poste de travail; rôles et financeurs varient (MDPH, CPAM, AGEFIPH pour le privé, FIPH pour le milieu public, etc.).
- Mesures pour Damien (cas clinique):
- Aides financières et accommodations via MDPh et CPAM pour le retour à domicile et l’employabilité.
- Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) et aménagements de poste (ergothérapie, adaptation du poste, transfert et prise de mains résiduelles).
- Prescriptions utiles pour le retour à domicile : fauteuil roulant manuel; matelas préventif d’escarre; adapté à l’inactivité et la prévention des complications; planification d’aménagements et ressources.
- Classification Internationale du Fonctionnement (CIF) : distingue déficience, limitation d’activité et restriction de participation; intégrée dans le cadre légal (adoptée par OMS et intégrée en France en 2005); reflète les facteurs personnels et environnementaux.
8) QCM et points discriminants (réflexion clinique)
- Sémiologie vésicale (Guillain-Barré, lésion centrale vs périphérique) : vessie centrale vs périphérique, hyperactivité détrusor, dyssynérgies vésico-urétrales; attention au contexte neuro-urologique.
- Complications précoces de l’immobilité (GBS) : escarres; embolie pulmonaire; pneumopathie d’inhalation; thrombophlébite; à surveiller en réa.
- Niveau sensitif ombilical = T10 (à connaître absolument pour EDN).
- Prescriptions de fauteuil roulant électrique : nécessite une entente préalable et un essai; prescrit par médecin avec ergothérapeute et kinésithérapeute; le fauteuil électrique est considéré comme véhicule; financement principale par l’assurance maladie; l’essai avant usage vérifie les capacités cognitives et l’ajustement.
- Aides pour Baptiste (enfant) : Projet personnalisé de scolarité, auxiliaire de vie scolaire; AEEH; aides de parentalité (allocation journalière et congé de présence parentale, financées par CPAM et non MDPh); orientation vers des structures adaptées (mission handicap) selon le cadre.
9) Récapitulatif rapide (mémos anchors)
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Ancre principale : Polyneuropathie = déficit distal, symmetric, progression ascendante; distinguer de multinévrite par asymétrie.
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Ancre diapo génétique : CMT type 1A = dup PMP22 sur chromosome 17; autosomique dominante; test EMG standard; pas d’infiltration inflammatoire dans forme génétique.
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Ancre rééducation : orthèses releveurs + chaussures orthopédiques; kinésithérapie axée sur renforcement, équilibre, étirements; RPSS sur ordonnances; échelles et tests fonctionnels pour limiter les activités et la participation.
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Ancre socio-santé : distinction soins (Assurance Maladie) vs environnement (MDPH/CNS/PCH); CIF comme cadre d’évaluation du fonctionnement; aides d’insertion professionnelle et scolaire.
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Fin.