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Cours sur: Trauma ABDOMINO-PELVIENS

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PROCESSUS TRAUMATIQUES TRAUMATISMES ABDOMINO-PELVIENS

[Image: Deux combattants de MMA]

Pr. C.H. Flouzat-Lachaniette
C.H.U. Henri Mondor, Créteil
[Image: Personne en position allongée, devant un instrument chirurgical]
[Image: Logo Henri Mondor]
[Image: Logo UPEC]

Les traumatismes abdomino-pelviens.

DOCUMENTS DE RÉFÉRENCE

  • PPT des cours
  • Processus traumatiques : Unité d'enseignement 2.4 Katy Le Neures

[Image: Couverture du livre "Les Essentiels en IFSI UE 2.4 Processus traumatiques"]

Les documents de référence sont : les ppt du cours et le livre d'enseignement « les processus traumatiques unité d'enseignement 2.4 » de Katy Le Neures.

PLAN

  • Rappels anatomiques
  • Mécanismes
  • Signes cliniques
  • Notion sur le bilan
  • Notion sur le traitement
  • Complications
    • Exemples :
      • Plaie abdominales
      • Fractures d'organes pleins (rate, foie, rein)
      • Pneumopéritoine
      • Traumatismes vasculaires

[Image: Carte ancienne représentant des éléments anatomiques]
[Image: Personnage de dessin animé représentant un médecin avec des instruments de chirurgie]

Dans un premier temps, nous ferons un rappel de l anatomie. Ensuite, nous parlerons des mécanismes, des signes cliniques, du bilan initial, du traitement, puis des complications des traumatismes abdomino-pelviens. Nous terminerons par montrer des exemples de ces traumatismes.

RAPPELS ANATOMIQUES

[Image: Schéma du corps humain transparent mettant en évidence le système digestif, coloré en rouge]

Rappels anatomiques

RAPPELS ANATOMIQUESAPPAREIL DIGESTIF – RAPPORTS ANATOMIQUES

[Image: Schéma détaillé de l'appareil digestif humain avec légendes en français : Oesophage, Foie, Estomac, Rate, Pancréas, Côlon transverse, Vésicule biliaire, Duodénum, Intestin grêle, Côlon ascendant (droit), Côlon descendant (gauche), Appendice, Rectum, Anus]

L'appareil digestif commence au niveau de la bouche. Il se poursuit par l'œsophage. Il y a un œsophage thoracique qui devient abdominal, lorsqu'il passe à travers son hiatus diaphragmatique. Au niveau de l'hypochondre gauche se trouve l'estomac où sera digéré le bol alimentaire. Une fois digérés, les aliments passent dans le duodénum où se fera la digestion des lipides. Les aliments cheminent ensuite dans l'intestin grêle qui est formé du jéjunum et de l'iléon. C'est à ce niveau que les éléments sont absorbés par l'organisme et passent dans la circulation sanguine. Les déchets non absorbés poursuivent leur chemin dans le colon. il y a un colon droit ou colon ascendant, un colon transverse et un colon gauche ou colon descendant, qui se poursuit par le colon sigmoïde, puis le rectum jusqu'au sphincter anal. Le foie et la vésicule biliaire produisent la bile et les enzymes qui servent à la digestion. Ils se situent dans l'hypochondre droit. Le pancréas se situe sous l'estomac et déverse ses enzymes pancréatiques dans le duodénum.

RAPPELS ANATOMIQUES SYSTÈME PORTALE

[Image: Schéma du système porte avec les veines portes et leurs affluents]

Un système porte désigne, en anatomie, une partie d'un système circulatoire sanguin qui relie deux réseaux capillaires de même type : veineux / veineux.

La veine porte (ou tronc porte) est une veine de gros calibre qui conduit le sang veineux provenant de la partie du tube digestif située sous le diaphragme, du pancréas et de la rate, vers le foie en le perfusant.

RAPPELS ANATOMIQUES 3 CAVITÉS

  • Cavité péritonéale : du diaphragme aux crêtes iliaques = étage sus-mésocolique
  • Cavité pelvienne : délimitée par les os du bassin = étage sous mésocolique
  • Cavité rétro-péritonéale : en arrière du péritoine = zone postérieure de l'abdomen

[Image: Schéma des étages sus- et sous-mésocoliques de la cavité abdominale]

On distingue trois cavités :

  • La cavité péritonéale, qui contient l'essentiel du système digestif, qui s'étend du diaphragme aux crêtes iliaques.
  • La cavité pelvienne située dans le bassin et qui contient les organes pelviens.
  • La qualité rétropéritonéale, située en arrière du péritoine, qui contient essentiellement l'appareil urinaire et les gros vaisseaux.

RAPPELS ANATOMIQUES CAVITÉ PÉRITONÉALE ETAGE SUS-MÉSOCOLIQUE

  • Foie
  • Vésicule biliaire
  • Estomac
  • Duodénum
  • Pancréas
  • Rate
  • Côlon transverse

[Image: Schéma des organes de l'étage sus-mésocolique de la cavité péritonéale]

Le péritoine est une membrane séreuse continue (formée par une couche simple de cellules épithéliales) qui tapisse l'abdomen, le pelvis et les viscères, délimitant l'espace virtuel de la cavité péritonéale.

Il comprend deux feuillets en continuité l'un avec l'autre (cette précision est importante pour bien comprendre ce qu'est un organe rétropéritonéal, péritonisé et intrapéritonéal) :

  • le péritoine viscéral (qui tapisse l'extérieur des organes) ;
  • le péritoine pariétal (qui tapisse la face interne des parois de l'abdomen);

La cavité péritonéale se situe entre les deux feuillets.

RAPPELS ANATOMIQUES CAVITÉ PELVIENNE ETAGE SOUS-MÉSOCOLIQUE

  • une partie du côlon droit
  • Côlon gauche
  • Rectum
  • Vessie
  • Organes génitaux féminins ou prostate

[Image: Schéma des organes de la cavité pelvienne]

La cavité pelvienne située à l' étage sous-mésocolique, et donc sous le péritoine, contient une partie du colon droit et gauche, le rectum, la vessie et la prostate (chez l' homme) ou les organes génitaux (chez la femme).

RAPPELS ANATOMIQUES, CAVITÉ RÉTRO-PÉRITONÉALE

  • Aorte abdominale
  • Veine cave inf.
  • Reins
  • Les uretères
  • Une partie du côlon droit

[Image: Schéma de la région rétro-péritonéale]

Le rétropéritoine est la partie de l'abdomen en arrière de la cavité péritonéale. Il contient des organes de l'appareil urinaire et de l'appareil digestif, ainsi que des vaisseaux et nerfs à destination de l'abdomen, du pelvis et des membres inférieurs. Ainsi, on peut considérer cet espace comme une prolongation du médiastin.

RAPPELS ANATOMIQUES

LES QUADRANTS DE L'ABDOMEN

[Image: Diagramme divisant l'abdomen en neuf régions nommées : Hypochondre droit, Épigastre, Hypochondre gauche, Région lombaire droite, Région ombilicale, Région lombaire gauche, Région inguinale droite, Région sus-pubienne (hypogastre), Région inguinale gauche.]

Habituellement, on sépare l'abdomen en neuf quadrants qui permettront de préciser le siège de la douleur, chaque quadrant ayant une étiologie douloureuse spécifique.

CLASSIFICATION

MÉCANISMES

[Image: Photo d'un accident de voiture impliquant plusieurs véhicules.]

Classification des mécanismes.

CLASSIFICATION

2 TYPES

  • Traumatisme pénétrant :

    • Conséquence d'un agent vulnérant
    • Effraction de la barrière péritonéale ± atteinte viscérale
    • Présence :
      • d'un orifice d'entrée
      • ± d'un orifice de sortie (plaie transfixiante ou borgne)
    • Atteinte plus fréquente des organes creux par opposition au traumatisme fermé
  • Traumatisme fermé :

    • Causes: AVP >>> chute, incarcération, accidents sportifs, rixe, défenestration
    • Viscères pleins plus exposés que les viscères creux
    • Lésions splénique et hépatique plus fréquentes

On distingue deux types de traumatismes :

  • Les traumatismes pénétrants où il existe une communication entre l'environnement extérieur et
  • Les traumatismes fermés, dont la première cause sont les accidents de la voie publique.

MÉCANISMES

2 TYPES

  • Choc direct :

    • Très souvent associé à une décélération,
    • Lésion en regard de l'impact ou à distance par mécanisme de contrecoup
    • Lésions par écrasement (organes pleins), étirement, déchirure ou rupture (organes pédiculés comme le foie, la rate ou le grêle par le mésentère), éclatement (orifices étroits et remplis : estomac, vessie, duodénum)
  • Lésions par blast :

    • Après une explosion violente
    • Liées à une onde de pression qui se propage
    • Lésion par éclatement
    • Lésions le plus souvent pulmonaire ; mais peut toucher les organes creux munis d'orifices étroits comme l'estomac, le duodénum, la vessie au niveau abdominal

Les mécanismes des traumatismes abdomino-pelviens sont le choc direct, la décélération et l'effe

MÉCANISMES

2 TYPES

  • Les contusions de l'abdomen :

    • 80 %
    • Accident de la circulation
    • 1/10 chute (dont TS dans 2/3 des cas)
    • Sport, accident de travail
    • Mécanisme : décélération, hyperpression, écrasement, ...
  • Les plaies de l'abdomen :

    • 20 %
    • Arme blanche > Arme à feu
    • Arme blanche : lésion pénétrante 1 fois sur 2, avec perforation 2 fois sur 3
    • Arme à feu : Pénétrante 9 fois sur 10 : lésions quasi-constantes

80 % des traumatismes abdomino-pelviens sont des traumatismes fermés ou contusions de l'abdc

EXAMEN CLINIQUE

[Image: Personne effectuant un examen abdominal sur un autre patient]

Examen clinique

EXAMEN CLINIQUE

  • Circonstances de l'accident
  • Cinétique de l'accident
  • Examen abdominal souvent difficile en urgence :
    • Trouble de conscience,
    • Autres lésions associées,
    • Intoxication (alcool, drogues)

Il est important de connaître les circonstances de l'accident pour avoir une idée de la cinétique et

EXAMEN CLINIQUE

  • Rechercher des signes en faveur d'un traumatisme abdominal (souvent absents):
    • Décélération importante
      • Ecchymose en bande sur la face antérieure du thorax ou de l'abdomen (ceinture de sécurité)
    • Hémopéritoine
      • Douleur irradiante dans les épaules,
      • Défense, matité
      • Augmentation visible du volume de l'abdomen
    • Lésions d'organes creux
      • Souvent asymptomatique
      • Signe d'irritation péritonéale
  • Argument décisionnel = état hémodynamique
    • Effondrement PA, pâleur, marbrures, tachycardie, quantité de solutés passés

A l'examen clinique, on recherche une ecchymose ou un hématome au niveau de la paroi abdomi

EXAMENS PARACLINIQUES

  • Radio pulmonaire (SYSTÉMATIQUE)
    • Recherche d'un hémothorax ou hémomédiastin
    • Évaluation de l'état des gros vaisseaux
  • Échographie abdominale
    • Non invasive, facilement réalisable au lit du malade
    • Opérateur-dépendant, difficile d'interprétation en présence de distension gazeuse, d'emphysème sous-cutané, d'obésité ou de douleurs abdominales intenses
    • Examen le plus sensible pour détecter les épanchements de faible abondance
    • Mauvaise vision des ruptures d'organe
    • Ne permet pas de caractériser la nature du liquide

Les examens réalisés en urgence sont :

  • une radiographie du thorax de face à la recherche d' un hémothorax ou d' un pneumothorax
  • une échographie abdominale qui est simple, rapide et facile d' accès. Elle recherche essentiellem

EXAMENS PARACLINIQUES

  • ASP - Abdomen sans préparation (perd son utilité dans ce contexte)
    • Grisaille diffuse = hémopéritoine
    • Pneumopéritoine = gaz sous la coupole diaphragmatique
    • Lésions rachis, bassin pouvant entraîner un hématome retropéritonéale
  • Scanner abdominal avec injection du produit de contraste +++
    • Bonne sensibilité et spécificité pour le diagnostic d'hémopéritoine
    • Nécessite le déplacement du malade d'où la nécessité d'une hémodynamique stable
  • IRM
    • Seule indication = lésion traumatique du diaphragme lorsque la radio du thorax est équivoque
    • Mais d'accès difficile dans le contexte de l'urgence

La radiographie de l' abdomen de face sans préparation n' est plus réalisée en pratique. De nos jou

EXAMENS PARACLINIQUES EN RÉSUMÉ

  • Radiographies du thorax, du bassin, du rachis et os
  • Echographie abdominale (SI PATIENT INSTABLE)
  • Scanner corps entier (SI PATIENT STABLE ET ECHO ABDO ANORMALE)
    Cf. cours << polytraumatisés >>

En pratique, les examens réalisés en salle de réveil sont une radiographie du thorax de face, une ra

TRAITEMENTS DES TRAUMATISMES ABDOMINAUX

[Image: Deux hommes en train de se battre dans une cage] [Image: Une zone chirurgicale abdominale ouverte]

Traitements des traumatismes abdominaux.

TRAUMATISMES ABDOMINAUX PLAIES DE L'ABDOMEN

  • 20% des traumatismes de l'abdomen.
  • 2/3 de ces plaies sont provoquées par des armes blanches -
    → mortalité 1 à 2%
  • 1/3 par des armes à feu → mortalité 5 à 15%
  • les plaies transfixiantes : plaies ayant un orifice d'entrée et un de sortie
  • les plaies borgnes ayant uniquement un orifice d'entrée
  • Attention : la taille de l'orifice d'entrée ne peut pas laisser présager des dégâts internes +++++
    (ex: un couteau peut être très fin, mais très long)

Les plaies de l' abdomen représentent 20 % des traumatismes abdominaux. Dans 66 % des cas, elle

TRAUMATISMES ABDOMINAUX PLAIES DE L'ABDOMEN

  • les organes pleins : foie, le pancréas et la rate
    → Plutôt risque hémorragique
  • les organes creux : conduits digestifs ou les vaisseaux sanguins attenant
    → Risque hémorragique mais aussi septique (péritonite)

[Schéma: Anatomie abdominale montrant l'œsophage, le foie, la vésicule biliaire, le duodénum, le côlon ascendant, l'estomac, la rate, le pancréas, le côlon transverse, l'intestin grêle, le côlon descendant, l'appendice, le rectum et l'anus]

Les plaies pénétrantes peuvent entraîner des lésions des organes pleins, dont le risque est essentie

TRAUMATISMES ABDOMINAUX EVISCERATION

  • Ne pas tenter de tout remettre dans l'abdomen
  • Envelopper les intestins dans des compresses stériles que vous humidifiez avec sérum salé régulièrement le temps du transport

[Image: Torse d'une personne avec l'abdomen ouvert et les intestins exposés]

En cas d' éviscération, il ne faut pas tenter de réintégrer les viscères dans l' abdomen. Il faut envel

TRAUMATISMES ABDOMINAUX

EMPALEMENT

  • Empalement = pénétration d'un objet maintenu dans la partie abdominale
  • Ne pas le retirer
  • Eviter de le bouger

[Image: Victim of impalement with object protruding from abdomen, undergoing medical treatment]
[Image: Close-up of impalement object protruding from abdomen]

En cas d'empalement, il ne faut pas retirer l'objet pénétrant. On risque de créer d'autres lésions.

TRAUMATISMES ABDOMINAUX

PLAIES DE L'ABDOMEN

INDICATIONS OPÉRATOIRES EN URGENCE

  • les plaies par arme à feu
  • les chocs hémorragiques
  • les éviscérations
  • les armes blanches in situ
  • les hémorragies digestives

En cas de plaies de l' abdomen, les indications opératoires en urgence sont :

  • les plaies balistiques
  • les chocs hémorragiques
  • les éviscérations
  • les armes blanches empalées
  • les hémorragies digestives.

TRAUMATISMES ABDOMINAUX

PLAIES DE L'ABDOMEN

CONDUITE À TENIR

  • Face à un patient stable : le chirurgien explorera la plaie
  • Bilan préopératoire
  • Examens complémentaires : radio, échographie, scanner, ...
  • Préparer le patient aux différents examens, l'informer et le rassurer
  • Ne pas négliger la famille du patient +++

[Image: Medical professional examining a patient's abdomen with an impalement injury]

La conduite à tenir en urgence est la réalisation du bilan préopératoire et des examens complémentaires.

TRAUMATISMES ABDOMINAUX

CONTUSION DE L'ABDOMEN

  • Les contusions de l'abdomen (ou plaies fermées) sont dues à 50% aux accidents de la voie publique (AVP)
  • Les chocs directs provoquent des lésions d'hyperpression et d'écrasement = lésions de décélération
  • Les chocs indirects provoquent également des lésions de décélération, mais aussi des arrachements de veine ou de vaisseaux sanguins

Dans 50 % des cas, les contusions de l'abdomen surviennent au cours des accidents de la voie publique.

TRAUMATISMES ABDOMINAUX

CONTUSION DE L'ABDOMEN

LES LÉSIONS

  • Les organes les plus touchés sont la rate (50%), le foie (20%) et plus rarement l'intestin, les reins, le diaphragme
  • Le diaphragme lésé donne lieu à un tableau de détresse respiratoire (diaphragme = muscle respiratoire principal)
  • Le pancréas, l'intestin, le côlon peuvent être déchirés
  • Les reins sont parfois abîmés ; du sang passe alors dans les urines (une BU suffit à le diagnostiquer)

Dans les contusions abdominales, les organes les plus touchés sont la rate (50 %) ou le foie (20 %).

TRAUMATISMES ABDOMINAUX

CONTUSION DE L'ABDOMEN

LE FOIE

  • Traumatisme fermé ou pénétrant en regard de l'hypochondre droit, ou lésion par décélération ou écrasement...
  • Survenue de contusion, fissure, éclatement, rupture de cet organe
  • Ceci entraîne un hématome sous-scapulaire, désinsertion des Vaisseaux hépatiques
  • Signes cliniques :
    • douleur de l'HCD
    • associée à un choc hémorragique

[Image: Le foie (vue de face)]

Les contusions hépatiques peuvent survenir dans tous les types de traumatismes abdominaux.

LE FOIE

  • Diagnostic : par échographie ou par scanner
  • Traitement : selon l'étendue du traumatisme
  • NB : le parenchyme du foie est très fragile, une intervention chirurgicale risque de l'abîmer et d'aggraver l'état du patient
  • De plus, on tente au maximum de conserver le foie, en général cet organe cicatrice bien tout seul

LA RATE

  • Secondaire à un traumatisme fermé ou pénétrant par choc direct de l'hypochondre gauche
  • Survenue de contusion, fissure, éclatement, rupture, hématome sous capsulaire
  • Signes cliniques :
    • douleur de l'HCG
    • choc hémorragique
  • Particularité : tableau de rupture en 2 temps

La rate est l'organe le plus touché en cas de contusion abdominale.

LA RATE

  • Rate : organe fragile de l'hypochondre gauche, très vascularisé, entouré d'une capsule
  • Si lors du choc, la capsule résiste, l'hémorragie sera moins abondante
  • Mais la capsule peut se rompre dans un 2e temps → hémorragie sévère avec hémopéritoine + signes de choc

[Image: Fig. 2 Rupture de la rate. A gauche: hématome sous-capsulaire. - A droite: rupture secondaire de la capsule; évacuation de l'hématome qui était bridé par la capsule, assurant une hémostase temporaire; reprise de l'hémorragie en provenance du parenchyme splénique.]

La rate est entourée d'une capsule qui est résistante et qui peut contenir une hémorragie.

LE TRACTUS DIGESTIF

  • Perforation intestinale : extravasation des sucs digestifs dans le péritoine → péritonite
  • Idem pour les ruptures du duodénum ou du côlon ascendant ou descendant → extravasation dans le rétropéritoine avec sepsis (péritonite)
  • Pneumopéritoine
  • Tube digestif : composé de parties mobiles et de parties fixées, donc possibilité d'écrasement, éclatement ou arrachement

[Image: Radiographie montrant un pneumopéritoine]

Les perforations du tube digestif sont à risque de complications septiques : la péritonite.

TRAUMATISMES ABDOMINAUX CONTUSION DE L'ABDOMEN

LE TRACTUS DIGESTIF

  • Signes cliniques :
    • Abdomen très douloureux
    • Contracture, défense
  • Urgence chirurgicale (réparer l'organe perforé) et médicale (traitement ATB)

[Image: Anatomie du système digestif humain]

Les perforations intestinales se traduisent cliniquement par un tableau abdominal douloureux aigu.

LE TRACTUS URINAIRE

  • Rein : secondaire à un traumatisme de la région lombaire => hématurie. Pas de traitement chirurgical. Faire BU pour le dépister
  • Lésion du pédicule par décélération → Traitement chirurgical
  • Rupture vésicale (souvent associée avec fracture du bassin) → hématurie, vessie pleine (globe)
  • Rupture de l'urètre : le plus souvent en association avec une fracture du bassin

[Schéma: Appareil urinaire humain, comprenant les reins, les uretères, la vessie et l'urètre]

L'appareil urinaire peut-être atteint au cours d'un traumatisme abdomino-pelvien. Il faut suspect.

LE TRACTUS URINAIRE : CONDUITE À TENIR

  • Le patient urine-t-il ?
    • Si non = anurie
  • Rechercher sang dans les urines
  • Hématurie macroscopique → se voit à l'œil nu
  • Hématurie microscopique → penser à faire la BU +++

[Image: Urinaux et bandelettes urinaires]

Devant un traumatisme abdomino-pelvien, il faut rechercher un traumatisme de l'appareil urinaire.

LE DIAPHRAGME

  • Passage d'organes abdominaux dans le thorax
  • La rupture du diaphragme se diagnostique par la radio thoracique.
  • Le traitement est chirurgical et consiste en une suture de la coupole
  • Lacérations surtout à gauche (hypochondre et flanc gauches)

[Image: Radiographie thoracique montrant une rupture diaphragmatique]

La rupture diaphragmatique est rare au cours des traumatismes abdomino-pelviens. Elle se traduit.

LE PANCRÉAS

  • Secondaire à une compression de cet organe sur le rachis par un coup sur l'abdomen (coup de poing, AVP)
  • Parfois en cas de fracture de la vertèbre L1

[Schéma: Anatomie du pancréas et de ses vaisseaux sanguins]

Les contusions du pancréas sont rares.
Il existe deux mécanismes lésionnels :

  • une compression de l'abdomen entraînant une compression du pancréas contre le rachis lors d'une complication secondaire d'une fracture de la première vertèbre lombaire.
  • Le principal risque est septique (péritonite) ou hémorragique par lésion du tronc cœliaque ou du s.

TRAUMATISMES ABDOMINAUX

CONTUSION DE L'ABDOMEN

LE BASSIN

  • Choc violent
  • Lésions des artères et veines iliaques, de l'urètre, de la vessie, du plexus sacré, ...
  • Moto, AVP voiture, chute de cheval, parachutisme et défenestration...
  • Fracture du bassin → traumatisme très hémorragique → embolisation en artériographie
    [Image: Radiographie du bassin avec des flèches indiquant des zones de fracture.]
    Les fractures du bassin surviennent dans un contexte d'accident à haute cinétique. Il faut systéma

COMPLICATIONS

TRAUMATISMES ABDOMINAUX
[Image: Panneau de signalisation routière avec un point d'exclamation et le mot "COMPLICATIONS".]
Complications
Complications

  • Décès
  • Etat de choc hémorragique (Rupture de la rate, foie)
  • Péritonite
  • Pancréatite
  • Ischémie voire nécrose digestive
    Les principales complications des traumatismes abdominaux sont :
    – l'état de choc hémorragique
    – les complications infectieuses (péritonite, pancréatite)
  • l'ischémie mésentérique
  • le décès.

CONCLUSION

[Image: Schéma du corps humain mettant en évidence le système digestif.]
Conclusion

CONCLUSION

TRAUMATISMES ABDOMINAUX

  • Relever les circonstances du traumatisme :
    • En cas d'AVP = Vitesse, ceinture de sécurité ou non, Airbag
    • Si moto : Casque
    • Hauteur de la chute
    • Si agression : Violence du coup
    • Plaie pénétrante ou écrasement / compression
    • Région du trauma ? = organes pleins (plutôt risque hémorragique) ou creux (risque de péritonite ou sepsis)
      Dans un contexte de traumatisme abdomino-pelvien, il est important de connaître les circonstance Il faut distinguer les contusions et les plaies abdominales, qui pourront orienter la prise en charge

CONCLUSION TRAUMATISMES ABDOMINAUX

  • Contrôle des constantes vitales: FC, PA, FR, SaO2
  • Rechercher contusions, hématomes, plaies,...
  • Déshabiller le patient ++++
  • Scope, VVP, remplissage, drogues vaso-actives, transfusion, intubation ou masque Oxygène
  • Bandelette urinaire ++ pour surveiller risque hémorragique du tractus urinaire
  • BUT = rétablir hémodynamique par réanimation précoce et contrôle de l'hémorragie

La prise en charge en urgence d'un traumatisé abdomino-pelvien correspond à la prise en charge. Il faut en priorité rechercher des signes de gravité : neurologique, hémodynamique ou respiratoire. Il faut prendre les constantes vitales : la fréquence cardiaque, la pression artérielle, la fréquence re. On suspecte un traumatisme abdomino-pelvien devant la présence d'une contusion de la paroi ab. Ne pas oublier de faire une bandelette urinaire, à la recherche d'un traumatisme de l'appareil uri. Il faut toujours avoir en tête la principale complication : l'état de choc hémorragique, dans le but c.

[Image: Building with trees and logos]

Résumé du cours

PROCESSUS TRAUMATIQUES TRAUMATISMES ABDOMINO-PELVIENS

Pr. C.H. Flouzat-Lachaniette, C.H.U. Henri Mondor, Créteil.
Documents de référence : PPT des cours et livre « Les processus traumatiques UE 2.4 » de Katy Le Neures.

PLAN
Rappels anatomiques, mécanismes, signes cliniques, bilan, traitement, complications (exemples : plaie abdominale, fractures d'organes pleins, pneumopéritoine, traumatismes vasculaires).

RAPPELS ANATOMIQUES

APPAREIL DIGESTIF – RAPPORTS ANATOMIQUES
L'appareil digestif débute par l'œsophage qui devient abdominal en passant le hiatus diaphragmatique. L'estomac se situe en hypochondre gauche. Le bol alimentaire passe ensuite dans le duodénum pour la digestion des lipides, puis dans l'intestin grêle (jéjunum/iléon) pour absorption sanguine. Les déchets progressent via le côlon (ascendant/droit, transverse, descendant/gauche, sigmoïde) jusqu'au rectum/sphincter anal. Le foie et la vésicule biliaire (hypochondre droit) produisent bile et enzymes. Le pancréas, sous l'estomac, déverse ses enzymes dans le duodénum.

SYSTÈME PORTALE
Le système porte relie deux réseaux capillaires veineux. La veine porte conduit le sang veineux du tube digestif sous le diaphragme, du pancréas et de la rate vers le foie.

3 CAVITÉS
Trois cavités sont distinguées : péritonéale (du diaphragme aux crêtes iliaques, contenant l'essentiel du digestif) ; pelvienne (dans le bassin, contenant organes pelviens) ; et rétro-péritonéale (derrière le péritoine, regroupant appareil urinaire et gros vaisseaux).

CAVITÉ PÉRITONÉALE (ÉTAGE SUS-MÉSOCOLIQUE)
Elle comprend : Foie, vésicule biliaire, estomac, duodénum, pancréas, rate, côlon transverse. Le péritoine est une membrane séreuse continue, avec un feuillet viscéral (tapissant les organes) et un pariétal (tapissant les parois), délimitant la cavité virtuelle.

CAVITÉ PELVIENNE (ÉTAGE SOUS-MÉSOCOLIQUE)
Contient une partie du côlon droit/gauche, le rectum, la vessie et les organes génitaux (prostate/organes féminins).

CAVITÉ RÉTRO-PÉRITONÉALE
Contient : Aorte abdominale, veine cave inférieure, reins, uretères, et une partie du côlon droit. C'est l'espace postérieur au péritoine, prolongeant le médiastin.

LES QUADRANTS DE L'ABDOMEN
L'abdomen est séparé en neuf quadrants pour localiser précisément la douleur selon son siège étiologique.

CLASSIFICATION

MÉCANISMES

2 TYPES DE TRAUMATISME

  1. Pénétrant : Agent vulnérant provoquant effraction péritonéale (±\pm atteinte viscérale), avec orifice(s) d'entrée/sortie. Atteinte plus fréquente des organes creux.
  2. Fermé : Causé principalement par AVP (accidents de la voie publique), chute, sport, rixe, défenestration. Les viscères pleins (rate, foie) y sont plus exposés.

MÉCANISMES ASSOCIÉS

  • Choc direct : Souvent lié à décélération. Lésions par impact, contrecoup, écrasement (organes pleins), étirement (organes pédiculés comme rate/foie) ou éclatement (organes creux remplis : estomac, vessie).
  • Lésions par blast : Causées par onde de pression d’explosion, provoquant éclatement, touchant surtout le poumon, mais aussi organes creux abdominaux.

FRÉQUENCE DES LÉSIONS

  • Contusions (Traumatisme fermé) : 80 %, souvent AVP (dont 1/10 chute). Mécanismes : décélération, hyperpression, écrasement.
  • Plaies (Traumatisme pénétrant) : 20 %. Arme blanche (pénétrante 1x/2, perforation 2x/3) ou arme à feu (pénétrante 9x/10, lésions quasi-constantes).

EXAMEN CLINIQUE

L'examen abdominal est souvent difficile en urgence (trouble conscience, lésions associées, intoxication). Il faut connaître les circonstances et la cinétique de l'accident.

Rechercher signes de traumatisme abdominal (souvent absents) :

  • Décélération importante : Ecchymose en bande (ceinture de sécurité).
  • Hémopéritoine : Douleur irradiante aux épaules, défense, matité, augmentation volume abdominal.
  • Lésions organes creux : Souvent asymptomatique, ou signes d'irritation péritonéale.

Argument décisionnel : État hémodynamique (PA effondrée, pâleur, marbrures, tachycardie, remplissage).

EXAMENS PARACLINIQUES

Examens urgents :

  • Radio pulmonaire (Systématique) : Recherche hémothorax/hémomédiastin, évaluation gros vaisseaux.
  • Échographie abdominale : Non invasive, au lit du malade, sensible aux épanchements de faible abondance. Opérateur-dépendant, mauvaise vision des ruptures d'organes, ne caractérise pas le liquide.

Autres examens :

  • ASP (Abdomen sans préparation) : Perd de son utilité. Indique grisaille (hémopéritoine) ou gaz sous diaphragme (pneumopéritoine). Peut révéler fractures rachis/bassin (hématome rétropéritonéal).
  • Scanner abdominal injecté : Bonne sensibilité/spécificité pour hémopéritoine, mais nécessite patient stable et déplacement.
  • IRM : Indication unique : lésion traumatique diaphragmatique si radio thoracique équivoque (accès difficile en urgence).

Synthèse pratique : Radios thorax, bassin, rachis. Échographie si patient instable. Scanner corps entier si patient stable et écho anormale.

TRAITEMENTS DES TRAUMATISMES ABDOMINAUX

PLAIES DE L'ABDOMEN (20 % des traumatismes)

  • Arme blanche (2/3 des cas) →\rightarrow Mortalité 1-2 %.
  • Arme à feu (1/3 des cas) →\rightarrow Mortalité 5-15 %.

Les plaies peuvent entraîner des lésions d'organes pleins (Foie, pancréas, rate) avec risque hémorragique, ou d'organes creux (digestifs, vaisseaux) avec risque septique (péritonite) et hémorragique. Ne jamais sous-estimer la taille des dégâts internes liée à l'orifice d'entrée.

Éviscération : Ne pas tenter de remettre les intestins en place. Les envelopper dans des compresses stériles humidifiées au sérum salé durant le transport.
Empalement : Ne jamais retirer l'objet pénétrant pour éviter d'aggraver les lésions.

INDICATIONS OPÉRATOIRES URGENTES (Plaies)
Choc hémorragique, éviscérations, plaies arme à feu, armes blanches in situ, hémorragies digestives.
Conduite à tenir stable : Exploration chirurgicale de la plaie après bilan préopératoire et examens complémentaires (radio, écho, scanner). Informer et rassurer le patient/famille.

CONTUSION DE L'ABDOMEN (Plaies fermées, 80 %)

50 % dues aux AVP. Chocs directs/indirects causent hyperpression, écrasement et décélération (parfois arrachements vasculaires).

LES LÉSIONS
Organes les plus touchés : Rate (50 %), Foie (20 %), puis intestin, reins, diaphragme.

  • Diaphragme lésé : Entraîne détresse respiratoire.
  • Pancréas, intestin, côlon : Risque de déchirure.
  • Reins : Dépistés par hématurie (BU).

LE FOIE
Contusion, fissure, éclatement, rupture suite à traumatisme direct ou décélération (hypochondre droit). Provoque hématome sous-scapulaire, désinsertion des vaisseaux hépatiques. Signes : douleur HCD + choc hémorragique. Diagnostic : écho/scanner. Traitement : conservateur, car le parenchyme est fragile et cicatrise bien.

LA RATE
Organe le plus touché (hypochondre gauche, choc direct). Contusion, fissure, rupture, hématome sous-capsulaire. Signes : douleur HCG + choc hémorragique.
Particularité : Risque de rupture en 2 temps. La capsule peut contenir l'hémorragie initialement, puis se rompre secondairement, causant une hémorragie sévère.

LE TRACTUS DIGESTIF
Perforation intestinale/duodénale/colique →\rightarrow extravasation de sucs digestifs dans le péritoine →\rightarrow péritonite, ou sepsis en rétropéritoine. Présence possible de pneumopéritoine.
Clinique : Abdomen très douloureux, contracture, défense.
Traitement : Urgence chirurgicale (réparation) et médicale (ATB).

LE TRACTUS URINAIRE

  • Rein : Traumatisme lombaire →\rightarrow hématurie (BU pour dépistage). Pas de chirurgie sauf lésion du pédicule (décélération).
  • Vessie : Rupture souvent liée à fracture du bassin →\rightarrow hématurie, globe vésical.
  • Urètre : Rupture souvent associée à fracture pelvienne.
    Conduite à tenir : Vérifier la diurèse (rechercher anurie), rechercher sang dans urines (macroscopique/microscopique via BU).

LE DIAPHRAGME
Rupture rare, entraînant passage d'organes abdominaux vers le thorax. Diagnostic par radio thoracique. Traitement chirurgical (suture). Lacérations surtout à gauche.

LE PANCRÉAS
Rare. Mécanismes : compression contre le rachis par coup abdominal (↔\leftrightarrow fracture L1) ou par choc direct. Risque principal : septique (péritonite) ou hémorragique (tronc cœliaque).

LE BASSIN
Fémurs/AVP, moto, chute de cheval, parachutisme. Choc violent →\rightarrow lésions des artères/veines iliaques, urètre, vessie, plexus sacré. Fracture du bassin = traumatisme très hémorragique →\rightarrow embolisation en artériographie.

COMPLICATIONS

Décès, choc hémorragique (rate, foie), péritonite, pancréatite, ischémie/nécrose digestive.

CONCLUSION

Relever les circonstances : AVP (vitesse, ceinture, airbag), moto (casque), hauteur de chute, violence du coup (plaie pénétrante vs écrasement/compression). Orienter suspicion : région trauma →\rightarrow organes pleins (hémorragie) ou creux (péritonite/sepsis).

Prise en charge initiale : Contrôle des constantes vitales (FC, PA, FR, SaO2). Déshabiller le patient. Mettre en place Scope, VVP, remplissage, drogues, transfusion, ou O2. Bandelette urinaire (BU) ++ pour surveiller le tractus urinaire.
Objectif : Rétablir hémodynamique par réanimation précoce et contrôle de l'hémorragie.

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