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Cours sur: SCIENCES HUMAINES SOCIALES ET DROIT

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[Image: Logo UPEC Faculté de Médecine]

SCIENCES HUMAINES SOCIALES ET DROIT

UE 1.2 S2 Santé publique et Economie de la santé

Promotion de la santé

Prévention et dépistage

Prévention de la santé

Rappel : la santé

Des définitions

  • De nombreuses définitions pour une question complexe
    • Résultante des équilibres et évolutions d'un sujet au sein d'un environnement physique et social
    • Pas seulement « la vie dans le silence des organes» (Leriche) mais doit prendre en compte la qualité de vie et santé perçue de l'individu, son bien être et estime de soi
    • Processus complexe et dynamique : « pouvoir tomber malade et s'en relever » (Canguilhem 1943)
  • Définition de l'OMS (1946)
    • La santé est un état de complet bien être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité
    • 3 dimensions : physique / mentale / sociale

La prévention dans le domaine de la santé

Définition générale de la prévention

  • Ensemble
    • Des actions
    • Des attitudes
    • Des comportements
  • Qui tendent à éviter
    • La survenue de maladies
    • Ou de traumatismes
  • Ou à maintenir et à améliorer la santé

[Image: Main écrivant le mot "PREVENTION"]

La prévention dans le domaine de la santé

Classification de l'OMS

  • Prévention primaire
    • Vise à empêcher l'apparition d'une maladie
    • Cible : sujets indemnes de la maladie
  • Prévention secondaire
    • Vise à repérer précocement la survenue d'une maladie afin d'appliquer un traitement potentiellement plus efficace
    • Cible : sujets malades, atteints en début de maladie
  • Prévention tertiaire
    • Vise à diminuer les conséquences de la maladie ou à retarder l'apparition de complications et de favoriser la réinsertion sociale et professionnelle
    • Cible : sujets malades

La prévention dans le domaine de la santé

3 types de prévention

[Schéma: Représentation des 3 types de prévention : Primaire, Secondaire (Maladie), Tertiaire (Déficience, Incapacité, Handicap). La prévention primaire cible les agents causals comme le Mode de vie (Comportement), Environnement (Facteurs sociaux, Physico-chimiques), Biologie humaine (Age, sexe, facteurs génétiques) et Autres facteurs.]

1) Prévention primaire

La prévention primaire

  • Cherche à :
    • Protéger la population des nuisances extérieures
    • A favoriser des comportements individuels favorables à la santé
    • A éviter l'accumulation de comportements à risque
  • Elle peut être collective ou individuelle, active ou passive, sanitaire ou non
  • → l'incidence (survenue de nouveaux cas)

Eviter l'apparition de la pathologie

Exemples ?

  • actes médicaux : vaccination ROR
  • actes éducatifs : diffusion des repères de consommation alimentaire, hygiène, éducation à la santé
  • actes législatifs et réglementaires : loi Evin tabac, protection de l'environnement, amélioration de l'habitat, développement économique
  • actes sociaux : groupe de parole destinés aux accompagnants de personnes Alzheimer

Exemples : repères de consommation alimentaire

[Image: Logo du PROGRAMME NATIONAL NUTRITION SANTÉ MANGER BOUGER]

→ Fiches conseils sur les 9 repères (ici matières grasses)

[Schéma: Récapitulatif des 9 repères de consommation alimentaire du programme Manger Bouger, incluant des conseils pour les matières grasses (visibles et cachées).]

[Image: Affiche "Bien manger, bouger plus, on fait comment ?" avec les 9 repères de consommation alimentaire.]

La prévention dans le domaine de la santé

La prévention primaire : diabète de type 2

Eviter l'apparition de la pathologie

  • Actions ayant montré leur efficacité :
    • Education nutritionnelle
    • Amélioration de l'hygiène de vie (activité physique, alimentation équilibrée réduite en graisses, réduction pondérale)
    • Obtention d'un changement durable de ces comportements

[Schéma: Population à risque reliée à "Eviter l'apparition de la pathologie"]

  • Résultats d'études
    • Arguments forts en faveur de la possibilité de prévenir ou de retarder la survenue d'un diabète de type 2 chez des sujets à haut risque
    • ↘\searrow poids et ↗\nearrow activité physique concordent vers une ↘\searrow de la prévalence du diabète de type 2
    • ↘\searrow consommation de graisses animales (AG saturés ++) et ↗\nearrow apports en fibres alimentaires = meilleur contrôle du poids

La prévention dans le domaine de la santé

Prévention et dépistage du diabète de type 2 et des maladies liées au diabète (Octobre 2014)

[Image: Logo de la HAS - HAUTE AUTORITÉ DE SANTÉ]

État des connaissances sur le diabète de type 2

  • Définition, physiopathologie, histoire de la maladie, données épidémiologiques
  • Facteurs et marqueurs de risque de diabète
  • Maladies secondaires au diabète
  • Comorbidités aggravant le pronostic vital
  • Traitements du diabète : stratégie, éducation thérapeutique, objectifs glycémiques, médicaments
  • Contexte de la prévention, du dépistage du diabète et des maladies liées au diabète

Prévention primaire : les actions de prévention chez les sujets à risque

  • Populations à risque de diabète
  • Stratégie et objectifs de la prévention du diabète

Prévention secondaire : le dépistage opportuniste du diabète de type 2

  • Populations cibles du dépistage
  • Examens biologiques de dépistage et de confirmation diagnostique
  • Stratégie et objectifs de la prise en charge des sujets dépistés

Prévention tertiaire : le dépistage des complications liées au diabète

  • Stratégie et objectifs de la surveillance du sujet diabétique
  • État des pratiques de prise en charge des sujets diabétiques en France
    • Surveillance
      • Glycémique
      • Neurologique
      • Rénale
      • cardiovasculaire
      • Ophtalmologique
      • Podologique
      • Dentaire et autres types de surveillance

[Lien URL]

2) Prévention secondaire

La prévention

La prévention secondaire

Repérer précocement la survenue d'une maladie

  • Eviter le développement de la maladie
  • = Tous les actes destinés à ↘\searrow prévalence d'une maladie dans une population = ↘\searrow le nombre de malades en ↘\searrow la durée de l'évolution
  • Agir le plus précocement possible sur la maladie après sa survenue →\rightarrow dépistage +++
    • Remarque : ↗\nearrow potentiellement la prévalence (dépistage : plus de cas reconnus / allongement de la durée de vie grâce au traitement précoce)

La prévention

La prévention secondaire

Repérer précocement la survenue d'une maladie

  • Exemples ?
    • actes médicaux : mammographie
    • actes éducatifs : campagne d'incitation au dépistage du cancer du sein, repérage précoce des prises de risque
    • actes législatifs et réglementaires : contrôles policiers ou douaniers produits illicites, accès aux soins précoce
    • actes sociaux : signalement d'enfant maltraité

La prévention dans le domaine de la santé

La prévention secondaire : diabète de type 2

Repérer précocement
Dépistage

  • Test de dépistage recommandé = mesure de la glycémie veineuse à jeun (GAJ)

Confirmation diagnostique

  • 1 seule glycémie est ≥2 g/l\geq 2 \text{ g/l}, qu'il y ait ou non des symptômes de diabète associés
  • Lorsque la glycémie est ≥1,26 g/l\geq 1,26 \text{ g/l} et <2 g/l→< 2 \text{ g/l} \rightarrow confirmation diagnostique par un 2nd2^{\text{nd}} test de glycémie veineuse à jeun →\rightarrow diagnostic confirmé en cas de glycémie à nouveau ≥1,26 g/l\geq 1,26 \text{ g/l}

Rythme de dépistage renouvelé (HAS 2014)

  • Après 1−31-3 ans si GAJ<1,10 g/l\text{GAJ} < 1,10 \text{ g/l}
  • 11 an plus tard si GAJ\text{GAJ} comprise entre 1,101,10 et 1,25 g/l1,25 \text{ g/l}

La prévention dans le domaine de la santé

Population cible du dépistage opportuniste du diabète de type 2

RéférentielHomme ou femme âgé(e) de 45 ans et plusFemme âgée de 45 ans et plus
Facteurs de risque de diabète de type 2 (lien de causalité démontré)Origine non caucasienne ou migrante et ayant adopté un mode de vie occidentalSédentarité et/ou surpoids (IMC>28 kg/m2\text{IMC} > 28 \text{ kg/m}^2)
RéférentielPrécaritéHTA

[Schéma: HAS Haute Autorité de Santé]

Examen biologique de dépistage

  • Glycémie veineuse après un jeûne de 8 heures (seuil d'anormalité >1,26 g/l[7,0 mmol/l]> 1,26 \text{ g/l} [7,0 \text{ mmol/l}])

Examen biologique de confirmation

  • Second test de glycémie veineuse à jeun lorsque le test de dépistage a été fait par un prélèvement veineux à jeun

Rythme de répétition du dépistage

  • tous les 33 ans en cas de résultat négatif
  • entre 11 et 33 ans en cas de résultat négatif, pour les sujets ayant plusieurs facteurs et/ou marqueurs de risque de diabète
  • tous les ans pour les sujets ayant un prédiabète (glycémie à jeun comprise entre >1,10> 1,10 et <1,26 g/l(>6,0 et <7,0 mmol/l)< 1,26 \text{ g/l} (> 6,0 \text{ et } < 7,0 \text{ mmol/l}))

La prévention dans le domaine de la santé

Le dépistage

Pourquoi ?

Avantages

  • Découvrir la maladie le plus tôt possible au cours de son évolution pour :
    • ✓\checkmark morbidité et/ou mortalité
    • ✓\checkmark Recourir à des traitements + légers
  • Réconforter les sujets négatifs
  • Sensibiliser les professionnels et les usagers à la pathologie concernée
  • Améliorer la filière de prise en charge

Inconvénients

  • Durée apparente plus longue de la maladie
  • Risques liés aux tests de dépistage (si tests invasifs)
  • Risques liés aux faux positifs et aux faux négatifs

La prévention dans le domaine de la santé

Le dépistage

Pourquoi ?

D'où un impératif éthique majeur

  • Toute décision de dépistage doit reposer sur l'assurance qu'à l'échelle de la population cible, les avantages sont supérieurs aux inconvénients
  • Le niveau de preuve scientifique doit être très fort
  • Obligation de résultats (et pas seulement de moyens) face à des personnes qui sont bien portantes et n'ont rien demandé

La prévention dans le domaine de la santé

Diagnostic et dépistage

DiagnosticDépistage
RéalisationComplexe = plusieurs examensSimple = 1 ou 2 tests
PopulationA priori malade Demandeuse de soinsA priori en bonne santé Non demandeuse de soins
Pourquoi ?En vue d'un traitementEn vue d'examens complémentaires ou de mesures de prévention
CoûtElevéFaible
PrécisionElevéeFaible
Exemples : Tuberculose Tumeur maligne sein Tumeur maligne côlonExamen bactériologique Biopsie et histologie Coloscopie, biopsie et histologieIntra dermo réaction Mammographie Test immunologique

Le dépistage

Les différents types

  • Dépistage individuel
    • Population recrutée lors d'un recours aux soins (hospitalisation, cs médicale, centre de santé ou de dépistage, médecine du travail)
    • Exemples : diabète, prostate, VIH, mélanome
  • Dépistage organisé (de masse)
    • Population recrutée de façon active dans la communauté = campagnes de dépistage
    • Exemples : cancer du sein, cancer colorectal
  • Dépistage ciblé
    • Sous-population sélectionnée sur des critères préalablement définis, lesquels permettent de la considérer comme à « haut » risque
    • Exemple : coloscopie dans le syndrome de Lynch
  • Dépistage systématique
    • Population recrutée étant non sélectionnée (en dehors d'un critère d'âge éventuellement)
    • Exemples : cancer du sein, cancer colorectal

Exemples

CONTRE LES CANCERS, VOS CONSEILS DÉPISTAGE

[Schéma: Tableau illustrant les conseils de dépistage pour différents cancers : Cancer du col de l'utérus (Frottis tous les 3 ans, de 25 à 65 ans), Cancer du sein (Mammographie tous les 2 ans, de 50 à 74 ans), Cancer colorectal (Test tous les 2 ans, de 50 à 74 ans), Mélanome (Surveillance régulière tout au long de la vie).]

PARLEZ-EN À VOTRE MÉDECIN
En cas d'antécédents personnels ou familiaux, il pourra vous proposer un suivi spécifique.

Exemples

  • Cancer du col de l'utérus
    • Expérimentation dans 13 départements 2010-2014
      • Protocole commun
        • Incitation/relance des femmes qui ne se font pas spontanément dépister individuellement
        • Recueil exhaustif des résultats de toutes les femmes de 25 à 65 ans ayant réalisé un dépistage qu'il soit individuel (DI) ou organisé (DO)
    • Résultats
      • Couverture globale du dépistage était de 62 %
      • Proportion de frottis non satisfaisants ne dépassant pas le seuil de 2 %
      • 231 000 femmes dépistées après invitation
      • 48 000 femmes supplémentaires dépistées après relance
      • 323 cancers invasifs et 5 180 lésions précancéreuses ont été détectés
    • Généralisation du dépistage du cancer du col utérin en mai 2018

Exemples

  • Cancer du col de l'utérus : dépistage organisé
    • Dans le cadre des Priorités de Prévention et conformément aux préconisations du plan cancer 2014-2019
    • 3ème programme national de dépistage organisé du cancer
      • Programme de dépistage du cancer du sein : femmes entre 50 et 74 ans, depuis 2004
      • Programme de dépistage du cancer colorectal : femmes et hommes entre 50 et 74 ans, depuis 2009
      • Programme de dépistage du cancer du col de l'utérus
        • Cancer du col de l'utérus : près de 3 000 cas diagnostiqués chaque année, plus de 1 100 femmes meurent chaque année de ce cancer
        • Chaque femme de 25 à 65 ans : 17 millions de femmes
        • Les femmes qui n'ont pas réalisé de frottis du col de l'utérus dans les 3 années précédentes vont être invitées, par courrier, à se rendre chez un médecin ou une sage-femme pour effectuer l'examen.
        • Frottis sera pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie

3 paramètres justifiant de la mise ne place d'un dépistage (OMS)

[Schéma: Diagramme de Venn à trois cercles représentant 'La maladie', 'Le test', et 'La population'.]

La maladieLe test
□\square Fréquente□\square Simple
□\square Grave□\square Acceptable
□\square Curable□\square Sans danger
⊠\boxtimes Dont l'évolution naturelle est connue□\square Peu onéreux = coût non disproportionné / coût global des soins
□\square Dont le traitement précoce ¬\neg mortalité et/ou morbidité□\square Reproductible
□\square « Prioritaire » versus les autres pathologies□\square Valide : capable d'isoler les malades et les sujets sains
La population
□\square Sensibilisée à la maladie
□\square Acceptation du test
□\square Structures de dépistage accessibles
□\square Données administratives et démographiques disponibles

Le dépistage

3 paramètres (OMS)

  • Simple
    • Résultat rapide
    • Mise en œuvre sur tout le territoire possible
    • Possibilité de formation et utilisation large
  • Acceptable →\rightarrow notion subjective (cf TR et cancer de la prostate)
  • Sans danger
    • Bénéfices >>>> risques
    • Tout acte médical comporte des risques
    • Toujours privilégier la sécurité du patient +++

Le test

[Image: Patient anxieux sur une table d'examen avec un médecin]
[Schéma: Foule attendant pour un examen de la prostate, avec un médecin disant "allez au suivant!"]

3 paramètres (OMS)

Le test

  • Peu onéreux = coût non disproportionné / coût global des soins
    • A vocation à être appliqué à un grand nombre d'individus
    • Financement par la collectivité
    • Efficience
    • 216 millions d'euros en 2008 pour le cancer du sein
  • Reproductible = capacité à donner le même résultat si réalisé par 2 examinateurs différents
  • Valide : capable de différencier les malades des sujets sains

[Image: Patient anxieux sur une table d'examen avec un médecin]
[Schéma: Foule attendant pour un examen de la prostate, avec un médecin disant "allez au suivant!"]

Validité d'un test de dépistage

Pour évaluer un nouveau test :

  1. Information sur l'état réel des personnes soumises à ce test
  2. Afin de les classer en vrais malades (VP) et vrais non malades (VN)
  3. Autre test = « gold standard » ou examen de référence

Les résultats de ce test sont exposés à 2 erreurs :

  1. Conclure à tort qu'un malade (défini par le gold standard) ne l'est pas = faux négatifs (FN)
  2. Conclure à tort qu'une personne non-malade (défini par le gold standard) l'est = faux positifs (FP)

→\rightarrow Il faut quantifier ces erreurs +++

MaladesNon malades
Test +Vrais positifs (VP)Faux positifs (FP)
Test -Faux négatifs (FN)Vrais négatifs (VN)

Validité d'un test de dépistage : sensibilité / spécificité / VPP / VPN

MaladesNon malades
Test +Vrais positifs (VP)Faux positifs (FP)→\rightarrow VPP VP / (VP + FP)
Test -Faux négatifs (FN)Vrais négatifs (VN)→\rightarrow VPN VN / (VN + FN)
Sensibilité VP / (VP + FN)Spécificité VN / (VN + FP)

Validité d'un test de dépistage : sensibilité / spécificité / VPP / VPN

MaladesNon malades
Test +Vrais positifs (VP)Faux positifs (FP)
Test -Faux négatifs (FN)Vrais négatifs (VN)
↓\downarrow Sensibilité VP / (VP + FN)↓\downarrow Spécificité VN / (VN + FP)

= Pourcentage de malades reconnus comme tel
→\rightarrow Probabilité conditionnelle qu'un test soit positif lorsque le sujet est malade = P(T+/M+)P(T+/M+)
Exemple : Se=0,99:99Se = 0,99 : 99 % des malades sont reconnus malades par le test évalué

Le dépistage

Validité d'un test de dépistage : sensibilité / spécificité / VPP / VPN

MaladesNon malades
Test +Vrais positifs (VP)Faux positifs (FP)
Test -Faux négatifs (FN)Vrais négatifs (VN)

Page 1

Spécificité
VN / (VN + FP)

  • Pourcentage de non malades reconnus comme tel
  • Probabilité conditionnelle qu'un test soit négatif lorsque le sujet est sain = P(T-/M-)
    Exemple : Sp = 0,7 : 70 % des personnes indemnes de la maladie sont reconnues non malades par le test évalué

Page 2

MaladesNon malades
Test +Vrais positifs (VP)Faux positifs (FP)
Test -Faux négatifs (FN)Vrais négatifs (VN)
VPP = VP / (VP + FP)
  • Pourcentage de malades parmi les sujets ayant un test +
  • Probabilité conditionnelle d'être malade si le test est positif = P(M+/T+)
    Exemple : VPP =0,8 : si le test est positif, il y a 80 % de risque d'être malade

Page 3

MaladesNon malades
Test +Vrais positifs (VP)Faux positifs (FP)
Test -Faux négatifs (FN)Vrais négatifs (VN)
VPN= VN / (VN + FN)
  • Pourcentage de non malades parmi les sujets ayant un test -
  • Probabilité conditionnelle d'être non malade si le test est négatif = P(M-/T-)
    Exemple : VPN =0,9 : si le test est négatif, il y a 90% de chance d'être non malade

EN RESUME (Page 4)

MaladesNon malades
Test +Vrais positifs (VP)Faux positifs (FP)
Test -Faux négatifs (FN)Vrais négatifs (VN)
SensibilitéVP / (VP + FN)
SpécificitéVN / (VN + FP)

NB : Contrairement à Se et Sp (performance intrinsèque du test), VPP et VPN sont sensibles au changement de prévalence de la maladie dépistée (performance extrinsèque du test)

La prévention dans le domaine de la santé

3) Prévention tertiaire

La prévention

La prévention tertiaire

Diminuer les conséquences de la maladie

  • Eviter les comportements ou les récidives de la maladie
  • = Tous les actes destinés à ¬\neg la prévalence des incapacités chroniques ou des récidives dans une population = au maximum les invalidités fonctionnelles consécutives à la maladie
  • ¬\neg complications et séquelles de la maladie →\rightarrow éducation thérapeutique
  • En aval d'une pathologie

La prévention tertiaire

Diminuer les conséquences de la maladie

  • Exemples ?
    • actes médicaux : apprentissage à la prise de glycémie
    • actes éducatifs : éducation alimentaire du patient diabétique
    • actes législatifs et réglementaires : couverture sociale, accès aux droits et aux soins
    • actes sociaux : articulation du sanitaire et du social (travail en réseau)

La prévention tertiaire : diabète de type 2

Diminuer les conséquences de la maladie

  • Surveillance podologique
  • Lésions des pieds du sujet diabétique graves, risque d'amputations →\rightarrow A type de mal perforant plantaire avec ulcérations et altération de la capacité de cicatrisation
  • Prévention = éviter traumatismes, lésions de compression, plaies (pouvant être occasionnées par une mauvaise hygiène du pied ou un choix de chaussures inadaptées)
  • Comment ?
    • Soins de pédicurie-podologie réguliers
    • Education du patient (+/- entourage) à l'hygiène des pieds
    • Evaluation du chaussage +/- mise en place d'un chaussage adapté
    • Evaluation du risque podologique

Un autre exemple de prévention I / II / III

[Schéma: Illustration des étapes de prévention pour les maladies cardiovasculaires]

Sédentarité Surpoids→\rightarrowDyslipidémie→\rightarrowInfarctus du myocarde→\rightarrowInsuffisance cardiaque
Prévention primairePrévention secondairePrévention tertiaire
Lutte contre sédentarité par mesures hygièno-diététiqueDépistage des troubles métaboliques et éventuellement traitementRééducation à l'effort, éducation thérapeutique, observance du traitement

Prévention participative

Une définition prenant en compte la participation de la cible

  • Prévention universelle ✓\checkmark
    • Destinée à tous
    • Repose sur l'éducation à la santé pour donner les moyens et l'envie de gérer sa santé
    • Ex : Plan National Nutrition Santé

Focus : Plan National Nutrition Santé (PNNS)

Un exemple de prévention universelle : mise en place du PNNS

  • Janvier 2001 :

    • Mise en place d'une politique nutritionnelle de santé publique à la demande du Premier ministre et sous la coordination interministérielle du Ministère de la Santé du Programme National Nutrition Santé 1 (PNNS)
  • Succession de 3 cycles quinquennaux jusqu'à ce jour :

    • PNNS 1 : 2001– 2005
    • PNNS 2 : 2006 – 2010
    • PNNS 3 : 2011- 2015 (prolongé jusqu'à 2016)
  • Aujourd'hui → PNNS 4 : 2017-2021

  • Quelles sont ses missions ?

    • Définit les objectifs de la politique nutritionnelle du Gouvernement
    • Favoriser l'éducation, l'information et l'orientation de la population →\rightarrow recommandations (12 repères) en matière d'alimentation et d'activité physique. Ex : manger au moins 5 fruits et légumes par jour
    • Prévention, dépistage et prise en charge des troubles nutritionnels dans le système de santé
    • Mise en place d'un système de surveillance de l'état nutritionnel de la population et de ses déterminants
    • Développement de la formation et de la recherche en nutrition humaine

http://sf-nutrition.org/wp-content/uploads/2017/11/PNNS-2017-2021.pdf
41

Prévention participative

Une définition prenant en compte la participation de la cible

  • Prévention universelle
    • Destinée à tous
    • Repose sur l'éducation à la santé pour donner les moyens et l'envie de gérer sa santé
      • Ex : Plan National Nutrition Santé
  • Prévention orientée ✓\checkmark
    • Destinée à la prévention de certaines maladies dans des sous-groupes exposés particuliers
    • Repose sur l'éducation des populations cibles orientée vers des risques précis
      • Ex : sexualité et addictions chez les jeunes adultes, vaccination annuelle antigrippale chez sujets âgés de plus de 65 ans, etc.

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Exemples

Un exemple de prévention orientée : vaccination annuelle antigrippale

  • Grippe saisonnière
    • 3 types de grippe saisonnière – A, B et C
    • La plupart des sujets guérissent en 1 semaine sans traitement médical
    • Mais risque de maladie grave ou décès chez certaines personnes (Monde →\rightarrow 3 à 5 millions de cas de maladies graves, et 250 000 à 500 000 décès, la plupart des décès : personnes âgées ≥65\geq 65 ans)
  • Personnes à risque de complications →\rightarrow VACCINATION +++
  • Transmission
    • Propagation facile + transmission dans les établissements fréquentés (écoles, maisons de retraite) rapide
    • Par inspiration par les personnes proches après projection dans l'air de gouttelettes porteuses du virus (quand toux, éternuement) ou par les mains

[Schéma: Comment prévenir la grippe? Se faire vacciner contre la grippe chaque année est le meilleur moyen de prévenir la grippe. La vaccination est particulièrement importante pour les personnes à haut risque de complications secondaires suite à une grippe : femmes enceintes, les personnes de plus de 65 ans, les enfants de 6 mois à 5 ans, les personnes souffrant de problèmes de santé chroniques, les personnes qui vivent avec, ou prennent soin des personnes à haut risque]

Exemples

Un exemple de prévention orientée : PAERPA
[Image: Logo Parcours Santé des aînés PAERPA]

  • Le programme PAERPA : Personnes Agées En Risque de Perte d'Autonomie
    • Contexte : personnes âgées de ≥75\geq 75 ans = 9% de la population française, et seront >12>12 millions dans une quarantaine d'années.
    • Des enjeux populationnels
      • D'après l'Assurance maladie et le Ministère de la Santé, parmi les plus de 75 ans :
        • ✓\checkmark 85% ont au moins une pathologie chronique
        • ✓\checkmark 29% souffrent d'une pathologie cardio-vasculaire
        • ✓\checkmark Environ 800 000 sont atteintes de démences (22 000 nouveaux cas/an)
        • ✓\checkmark Une personne sur deux est en affection de longue durée (ALD)
        • ✓\checkmark 7 molécules différentes leur sont délivrées en moyenne
        • ✓\checkmark Cette population est plus hospitalisée et plus longtemps
        • ✓\checkmark 4 facteurs majeurs d'hospitalisation identifiés : médicaments, dénutrition, dépression et chutes

[Schéma: Graphique montrant l'évolution du % des 75 ans et plus en France de 1980 à 2060, avec des valeurs de 3% en 1980, 9% en 2010, 12% en 2030 (prévision) et 16% en 2060 (prévision).]

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Exemples

Un exemple de prévention orientée : PAERPA
[Image: Logo Parcours Santé des aînés PAERPA]

  • Le programme PAERPA : Personnes Agées En Risque de Perte d'Autonomie
    • Développement d'un parcours de santé des personnes âgées en risque de perte d'autonomie depuis 2014
  • L'objectif : préserver l'autonomie des personnes âgées
    • Maintenir la plus grande autonomie le plus longtemps possible dans le cadre de vie habituel de la personne
    • Faire en sorte que chaque Français, âgé de 75 ans et plus, reçoive les bons soins par les bons professionnels, dans les bonnes structures au bon moment, le tout au meilleur coût
  • Agir en amont de la perte d'autonomie
    • Repérage des 4 principaux facteurs d'hospitalisation évitables (dépression, chute, problèmes liés aux médicaments, dénutrition)
    • Et en optimisant la coordination des professionnels (sanitaires, sociaux et médico-sociaux) autour de la personne âgée

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Exemples

Un exemple de prévention orientée : PAERPA

  • 5 actions clés
  1. Renforcer le maintien à domicile

    • Coordination renforcée des professionnels de santé de 1er1^{\text{er}} recours, en lien avec les professionnels sociaux si besoin
  2. Améliorer la coordination des intervenants et des interventions

    • Un numéro unique accessible aux personnes âgées et à leurs aidants ainsi qu'aux professionnels et plus particulièrement aux professionnels de santé libéraux est mis en place
  3. Sécuriser la sortie d'hôpital

    • Anticipation et préparation de la sortie, repérage de la perte d'autonomie, transition via un hébergement temporaire, transmission des informations au médecin traitant...
  4. Éviter les hospitalisations inutiles

    • Repérage, actions d'éducation thérapeutique, circulation d'informations entre professionnels, l'accès simplifié à des expertises gériatriques ou à un numéro unique de gériatrie...
  5. Mieux utiliser les médicaments

    • Actions de révision d'ordonnance sont mises en place notamment en sortie d'hospitalisation en lien avec le médecin traitant et le pharmacien d'officine

[Image: Logo Parcours Santé des aînés]

Un parcours mieux coordonné

[Schéma: Parcours de soins structuré autour de la préservation de l'autonomie, incluant identification des besoins, coordination des professionnels, plan personnalisé de santé, éducation thérapeutique, transition ville-hôpital-maison de retraite, coordination territoriale d'appui, annuaire des ressources, messagerie sécurisée et formations.]

https://www.paerpa-paris.fr/paerpa/les-objectifs-paerpa

Prévention participative

Une définition prenant en compte la participation de la cible

  • Prévention universelle

    • Destinée à tous
    • Repose sur l'éducation à la santé pour donner les moyens et l'envie de gérer sa santé
    • Ex: Plan National Nutrition Santé
  • Prévention orientée

    • Destinée à la prévention de certaines maladies dans des sous-groupes exposés particuliers
    • Repose sur l'éducation des populations cibles orientée vers des risques précis
    • Ex: sexualité et addictions chez les jeunes adultes, vaccination annuelle antigrippale chez sujets âgés de plus de 65 ans, etc.
  • Prévention ciblée

    • Destinée aux malades
    • Repose sur l'apprentissage de la gestion de la maladie et de sont traitement pour anticiper et prévenir la survenue de complications
    • Ex : éducation thérapeutique
Résumé du cours

La santé est un processus dynamique intégrant bien-être physique, mental et social (OMS, 1946), dépassant l’absence de maladie. La prévention regroupe actions, attitudes et comportements visant à éviter maladies ou traumatismes, et à maintenir/améliorer la santé. L’OMS classe trois niveaux : primaire (éviter l’apparition, cible sujets indemnes), secondaire (dépister précocement pour traiter efficacement, cible sujets en début de maladie), tertiaire (réduire conséquences et complications, favoriser réinsertion, cible sujets malades).

Prévention primaire : protège des nuisances, promeut comportements favorables, réduit incidence. Exemples : vaccination ROR, éducation nutritionnelle (repères alimentaires PNNS), loi Evin tabac, groupes de parole pour aidants Alzheimer. Pour le diabète de type 2, des études montrent qu’une réduction pondérale et une augmentation de l’activité physique diminuent sa prévalence ; réduire graisses saturées et augmenter fibres améliorent le contrôle du poids.

Prévention secondaire : repère précocement la maladie par dépistage, réduit sa durée d’évolution. Exemples : mammographie pour cancer du sein, campagnes de dépistage, contrôles douaniers, signalement enfant maltraité. Pour le diabète de type 2, le dépistage recommandé est la glycémie veineuse à jeun (GAJ). Diagnostic confirmé si GAJ ≥ 1,26 g/L à deux reprises, ou ≥ 2 g/L avec symptômes. Rythme : tous 1–3 ans si GAJ < 1,10 g/L ; 1 an après si entre 1,10 et 1,25 g/L. Population cible du dépistage opportuniste (HAS 2014) : hommes/femmes ≥45 ans avec facteurs de risque (origine non caucasienne, surpoids IMC>28, sédentarité, ATCD familial diabète, prédiabète, diabète gestationnel, HTA, dyslipidémie, tabagisme, précarité…). Dépistage répété tous 3 ans si négatif, 1–3 ans si plusieurs facteurs, annuel si prédiabète (GAJ >1,10 et <1,26 g/L). Avantages : réduire morbidité/mortalité, traitements plus légers, réconforter négatifs, améliorer filière de soins. Inconvénients : durée apparente allongée, risques des tests, faux positifs/négatifs. Le bénéfice doit dépasser les inconvénients pour la population cible.

Différence diagnostic/dépistage : diagnostic est complexe, sur personnes malades demandeuses, coût élevé, précision élevée ; dépistage est simple (1–2 tests), sur personnes a priori saines non demandeuses, coût faible, précision moindre, en vue d’examens complémentaires ou mesures préventives.

Types de dépistage : individuel (recours aux soins), organisé de masse (campagnes), ciblé (sous-population à haut risque), systématique (non sélectionné hormis âge). Exemples : cancer du col utérin – expérimentation 2010-2014 dans 13 départements avec incitation/relance des femmes 25–65 ans → couverture 62%, 231 000 dépistées après invitation, 48 000 après relance, 323 cancers invasifs et 5 180 lésions précancéreuses détectés. Généralisé en mai 2018 : femmes 25–65 ans (17 millions) non dépistées depuis 3 ans invitées par courrier, frottis pris en charge à 100%. Cancer du sein (50–74 ans, mammographie tous 2 ans, depuis 2004), cancer colorectal (50–74 ans, test tous 2 ans, depuis 2009).

Trois paramètres OMS pour mise en place d’un dépistage : 1) Maladie : fréquente, grave, curable, évolution naturelle connue, traitement précoce réduit mortalité/morbidité ; 2) Test : simple, acceptable, sans danger, peu onéreux, reproductible, valide ; 3) Population : sensibilisée, acceptation, structures accessibles, données démographiques disponibles. Validité d’un test : sensibilité (proportion de malades reconnus) = VP/(VP+FN) ; spécificité (proportion de non-malades reconnus) = VN/(VN+FP) ; valeur prédictive positive (VPP, probabilité d’être malade si test +) = VP/(VP+FP) ; valeur prédictive négative (VPN, probabilité d’être non malade si test –) = VN/(VN+FN). VPP et VPN varient avec la prévalence de la maladie.

Prévention tertiaire : diminue conséquences, évite récidives, réduit incapacités chroniques et complications. Exemples : apprentissage glycémie, éducation alimentaire diabétique, couverture sociale, coordination sanitaire et sociale. Pour le diabète de type 2 : surveillance podologique pour éviter plaies, ulcérations, amputations ; soins réguliers de pédicurie-podologie, éducation à l’hygiène des pieds, chaussage adapté, évaluation du risque.

Exemple de prévention I/II/III pour maladies cardiovasculaires : sédentarité/surpoids → dyslipidémie → infarctus → insuffisance cardiaque. Primaire : lutte contre sédentarité (hygiène-diététique). Secondaire : dépistage dyslipidémie et traitement. Tertiaire : rééducation à l’effort, éducation thérapeutique, observance.

Prévention participative : prévention universelle (destinée à tous, éducation à la santé, ex. PNNS), orientée (sous-groupes exposés, ex. vaccination antigrippale ≥65 ans, sexualité/addictions jeunes), ciblée (malades, gestion de la maladie, ex. éducation thérapeutique). Le PNNS (2001-2021) définit objectifs nutritionnels, émet recommandations (12 repères), prévient/dépiste/traite troubles nutritionnels, surveille l’état nutritionnel, développe formation et recherche.

Exemple de prévention orientée : programme PAERPA (Personnes Âgées En Risque de Perte d’Autonomie, depuis 2014). Cible : 75 ans et plus (9% de la population, bientôt 12 millions). Enjeux : 85% ont ≥1 pathologie chronique, 29% pathologie cardiovasculaire, 800 000 démences, 1 personne sur 2 en ALD, polymédication (7 molécules), hospitalisations plus longues. 4 facteurs majeurs d’hospitalisation évitables : médicaments, dénutrition, dépression, chutes. Objectif : préserver autonomie le plus longtemps possible, « bons soins, bons professionnels, bon moment, meilleur coût ». 5 actions clés : 1) renforcer maintien à domicile (coordination professionnels de 1er recours) ; 2) améliorer coordination (numéro unique) ; 3) sécuriser sortie d’hôpital (anticipation, transmission au médecin traitant) ; 4) éviter hospitalisations inutiles (repérage, éducation thérapeutique, accès à expertise gériatrique) ; 5) mieux utiliser médicaments (révision ordonnance en sortie, lien médecin/pharmacien).

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