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Cours sur: Méthodes qualitatives CM

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Méthodes qualitatives : renforcement

BORST & CACHIA (2016) classent les méthodes en trois catégories : descriptives (observation, entretien, questionnaire, enquête), corrélationnelles (liens entre comportements) et expérimentales (causalité). Les données recueillies sont qualitatives (mots, verbalisations) ou quantitatives (chiffres, temps de réaction). Les données qualitatives permettent descriptions et explications en contexte local ; les quantitatives mesurent attitudes, rapidité, etc. Le choix de la technique dépend de la question de recherche.

Observation

L'observation scientifique varie selon les questions, ressources, pratiques disciplinaires et objet d'étude.

Observation fortuite vs systématique

L'observation fortuite est spontanée, préscientifique, sans préparation ; exemples : faits divers, récits, témoignages. Avantage : omniprésente, accessible à tous. Inconvénient : non reproductible, subjective, intuitive.

L'observation systématique suit une méthode reproductible, rigoureuse, vérifiable par comparaison d'observations répétées. Contraintes : déterminer observateurs, objet, sujets ; définir unités de codage (comportements, prises de parole) ; délimiter le temps ; prévoir l'évaluation (chronologie, enchaînement) ; choisir l'instrument (fiches, vidéo) ; former les observateurs aux mêmes consignes.

Observation participante déclarée vs non-avouée

L'observation participante déclarée implique partager le mode de vie du groupe, se faire accepter et participer à ses activités (MALINOWSKI, 1925-1933 ; MATALON, 1993). Domaines : ethnologie, sociologie, psychologie sociale (usine, banlieues, sectes), pédagogie (classe : interactions maître-élèves). Avantages : mobilité, proximité du réel, résultats riches sur longue période. Inconvénients : immersion excessive → manque de recul, de neutralité, fiabilité réduite.

L'observation participante non-avouée : l'observateur, déjà intégré, prend des notes discrètes (ex : membre d'une équipe sportive). Avantages : pas d'acculturation, observation sans être remarqué, possibilité de provoquer des situations pour recueillir des données. Limite éthique : transformation en « espion ».

Observation directe vs indirecte

Observation directe : enregistrer les comportements sans intervenir, en milieu naturel ; les sujets ne savent pas qu'ils sont observés (→ naturel). Formes : glace sans tain (voir sans être vu), brève sans appareillage (simple et pratique). Avantages : ne modifie pas la situation, prédictive, généralisable avec grille. Inconvénients : objectivité du chercheur, variabilité des moments.

Observation indirecte : pas d'accès direct au terrain, on s'appuie sur des observations déjà réalisées (fichiers, photos, dessins d'enfants, questionnaires, tests, entretiens, images, objets, textes). Peut utiliser des systèmes existants (banques, aéroports, caméras). Avantages : pas d'intervention, données non marquées par la subjectivité du chercheur, possibilité de relecture (vidéo). Inconvénients : subjectivité dans la lecture des traces, choix de l'emplacement de la caméra oriente l'observation.

Observation naturaliste vs provoquée

Observation naturaliste : observer les comportements spontanés en situation naturelle (méthode descriptive : phénoménologie, étude de cas). Utilisée en éthologie (milieu naturel ou reconstitué : ex. Frans de Waal sur les primates ; en milieu naturel, on peut manipuler des variables : Kummer introduit un babouin étranger pour étudier la hiérarchie) et en psychologie (Piaget : monologues collectifs en cour de récréation, notation détaillée de qui parle à qui, combien de temps, sur quel sujet).

Observation provoquée : au sens large, une expérience visant à vérifier une hypothèse. Recueille confidences des sujets ou note leurs réactions extérieures (enquêtes, questionnaires). Permet de poser les problèmes et d'identifier différences et uniformités. C. BERNARD la lie à l'expérience.

Entretien

Technique de recueil de données, distincte de l'interview journalistique. Utilisé dans les enquêtes avant l'élaboration d'outils plus systématiques (questionnaire).

Rappel historique : première étude par ELTON MAYO à la Westhern Electric Company (Hawthorne) en psychologie du travail. Il a choisi l'entretien pour accéder aux sentiments et émotions des ouvrières, plutôt que l'observation ou le questionnaire. MOSCOVICI (1984) : l'observation est la façon la plus directe d'apprendre. Le psychologue social enregistre les activités dans leur cadre naturel (notes, magnéto, vidéo). Une forme courante est l'enquête par entretien (HYMES, 1968 ; LABOV & FANSHEL, 1977) : étudier sentiments, préférences, représentations, actions.

BLANCHET (1987) distingue entretien de recherche (ER) et entretien thérapeutique. L'ER : interview entre deux personnes, enregistré, visant la production d'un discours continu sur un thème défini dans le cadre d'une recherche (étudier faits dont la parole est vecteur : actions passées, représentations sociales). DELHOMME & MEYER (1997) : conversation aménagée avec buts et conventions explicitées ; l'interviewer dirige et organise. Contrat de communication (GHIGLIONE). Types d'entretiens : non directif, semi-directif, directif, de groupe. Le choix dépend de l'objet d'étude.

Entretien non directif

Attitude non-directive (ROGERS) : empathie, acceptation de l'autre, non-menace. En recherche, entretien libre (GHIGLIONE & MATALON, 1978) ou exploratoire. Utilisé seul pour les récits de vie. Objectif : faire un guide d'entretien pour le semi-directif. Avantages : première approche de l'objet, univers de discours, pertinent en clinique et exploration. Inconvénients : informations superficielles, pas de recentrage possible.

Entretien semi-directif

Entre non directif et directif. Conduit avec un guide d'entretien (élaboré à partir d'entretiens exploratoires, mots-clés, thèmes). Permet de structurer en phases : démarrage (consigne), milieu (questions/relances), clôture (questions faciles, ajouts). Durée : 20-40 min max.

Les relances (BLANCHET ; DELHOMME & MEYER) : trois types d'actes de langage (déclaratif, interrogatif, réitératif) combinés à deux registres (référentiel : objets/faits ; modal : attitude/état psychologique) donnent six types d'interventions : Interprétation (déclaration + modal), Complémentation (déclaration + référentiel), Question sur l'attitude (interrogation + modal), Question sur le contenu (interrogation + référentiel), Reflet (réitération + modal), Echo (réitération + référentiel). Avantages : structure le discours, conditions identiques, facilite l'analyse, rôle actif de l'interviewer. Inconvénients : cadre fixe, nécessite formation identique, limite les dires aux catégories du guide.

Entretien directif

Utilisé en enquête justifiée (étude confirmatoire, questions simples). S'apparente à un questionnaire standardisé : ordre et formulation des questions définis à l'avance, consignes claires, réponses brèves. Peut comprendre questions ouvertes ou fermées. Pas de relances. Avantages : sécurisant, gain de temps. Inconvénients : faible latitude pour l'interviewé, peu d'initiative, perçu comme contraignant.

Conclusion

L'entretien de recherche obéit à une question de recherche et éventuellement à des hypothèses, et sert par exemple à l'étude des représentations sociales. Il se distingue de l'entretien thérapeutique par sa finalité de production d'un savoir communicable.

Résumé du cours

Méthodes qualitatives : renforcement

BORST & CACHIA (2016) classent les méthodes en descriptives (observation, entretien, questionnaire, enquête), corrélationnelles (liens) et expérimentales (causalité). Données qualitatives (mots, verbalisations) ou quantitatives (chiffres, temps de réaction). Les qualitatives décrivent en contexte local ; les quantitatives mesurent attitudes, rapidité. Le choix technique dépend de la question.

Observation

L'observation varie selon questions, ressources, pratiques disciplinaires et objet.

Observation fortuite vs systématique : Fortuite : spontanée, préscientifique (faits divers, récits, témoignages). Avantage : omniprésente. Inconvénient : non reproductible, subjective, intuitive. Systématique : méthode reproductible, rigoureuse, vérifiable par répétition. Contraintes : déterminer observateurs, objet, sujets ; définir unités de codage ; délimiter le temps ; prévoir évaluation ; choisir instrument ; former observateurs.

Observation participante déclarée vs non-avouée : Déclarée : partager le mode de vie, se faire accepter (MALINOWSKI 1925-1933 ; MATALON 1993). Domaines : ethnologie, sociologie, psycho sociale (usine, banlieues, sectes), pédagogie (classe). Avantages : mobilité, proximité, résultats riches. Inconvénients : immersion excessive → manque de recul, neutralité, fiabilité réduite. Non-avouée : observateur déjà intégré, notes discrètes (ex : équipe sportive). Avantages : pas d'acculturation, observer sans être remarqué, provoquer situations. Limite éthique : transformation en espion.

Observation directe vs indirecte : Directe : enregistrer comportements sans intervenir, milieu naturel ; sujets ignorants. Formes : glace sans tain, brève sans appareillage. Avantages : ne modifie pas, prédictive, généralisable. Inconvénients : objectivité du chercheur, variabilité des moments. Indirecte : pas d'accès direct ; s'appuie sur observations déjà réalisées (fichiers, photos, dessins, questionnaires, tests, entretiens, images, objets, textes). Utilise systèmes existants (banques, aéroports, caméras). Avantages : pas d'intervention, données non marquées par subjectivité, relecture possible. Inconvénients : subjectivité dans lecture des traces, emplacement de caméra oriente l'observation.

Observation naturaliste vs provoquée : Naturaliste : observer comportements spontanés en situation naturelle (phénoménologie, étude de cas). Utilisée en éthologie (Frans de Waal sur primates ; Kummer introduit babouin étranger pour hiérarchie) et psychologie (Piaget : monologues collectifs en récréation, notation détaillée). Provoquée : expérience pour vérifier hypothèse ; recueille confidences ou note réactions (enquêtes, questionnaires). Permet poser problèmes, identifier différences et uniformités. C. BERNARD la lie à l'expérience.

Entretien

Technique de recueil distincte de l'interview journalistique. Utilisé avant l'élaboration d'outils systématiques (questionnaire). Historique : ELTON MAYO à Western Electric (Hawthorne) choisit l'entretien pour accéder aux sentiments des ouvrières. MOSCOVICI (1984) : observation directe. Psychologue social enregistre activités en cadre naturel. Enquête par entretien (HYMES 1968 ; LABOV & FANSHEL 1977) pour sentiments, préférences, représentations. BLANCHET (1987) distingue entretien de recherche (ER) et thérapeutique. ER : interview enregistrée produisant un discours continu sur un thème dans le cadre d'une recherche (actions passées, représentations). DELHOMME & MEYER (1997) : conversation aménagée avec buts et conventions ; interviewer dirige. Contrat de communication (GHIGLIONE). Types : non directif, semi-directif, directif, groupe ; choix selon objet.

Entretien non directif : Attitude rogérienne (empathie, acceptation, non-menace). Entretien libre (GHIGLIONE & MATALON 1978) ou exploratoire. Utilisé pour récits de vie. Objectif : élaborer guide pour semi-directif. Avantages : première approche, univers de discours, clinique/exploration. Inconvénients : superficiel, pas de recentrage.

Entretien semi-directif : Entre non directif et directif. Guide (exploratoires, mots-clés, thèmes). Structure : démarrage (consigne), milieu (questions/relances), clôture (ajouts). Durée 20-40 min. Relances (BLANCHET ; DELHOMME & MEYER) : trois actes (déclaratif, interrogatif, réitératif) × deux registres (référentiel, modal) → six types : Interprétation, Complémentation, Question sur attitude, Question sur contenu, Reflet, Echo. Avantages : structure, conditions identiques, analyse facilitée, rôle actif interviewer. Inconvénients : cadre fixe, formation nécessaire, limite aux catégories du guide.

Entretien directif : Pour enquête justifiée (confirmation). Questionnaire standardisé : ordre/formulation prédéfinis, réponses brèves. Questions ouvertes ou fermées, pas de relances. Avantages : sécurisant, gain de temps. Inconvénients : faible latitude interviewé, contraignant.

Conclusion : L'entretien de recherche répond à une question de recherche et éventuellement à des hypothèses ; sert à l'étude des représentations sociales. Se distingue de l'entretien thérapeutique par sa finalité de production d'un savoir communicable.

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